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Calomniez, calomniez...

Il y a quelques dossiers qui marquent une carrière et celui dont je vais faire état en fait bien évidemment partie. Il s’agit là d’une famille des plus normales, dont le mari gagne correctement sa vie, avec ses différentes
entreprises. Il est vrai que le couple connaissait quelques difficultés, mais les conséquences futures ne sont pas en adéquation avec la réalité.
Au retour de son travail, quelques jours avant NOËL 2017, celui-ci retrouve la maison familiale vide de toute présence. Très vite à la suite de plusieurs appels passés, ce monsieur a appris où se trouvaient son épouse et
ses deux enfants. Son épouse avait rejoint ses parents dans le Sud de la France, sur la Côte d’Azur. Suite à cet évènement, nous déposions donc une assignation en référé. Mon client, soucieux de l’intérêt de ses enfants, après une réflexion,
n’a pas été désireux de demander le transfert de résidence, comme la jurisprudence établie lui autorisait, mais a sollicité une résidence alternée afin que les enfants aient droit à leurs deux parents.
C’est là le grand combat de cet homme courageux. En effet, je pense que rares sont les personnes ayant un altruisme aussi important, surtout face à cette situation de départ imposé en catimini. Quid des modalités de son
application ?
Mon client décida de mettre ses sociétés en gérance afin que, par périodes de quinzaine, une résidence alternée soit mise en place. Il s’installa 15 jours à proximité du nouveau logement de sa future ex épouse et repartait 15 jours sur PARIS afin de gérer ses sociétés. Cela avait été validé par les Premiers Juges, et là, les difficultés commencèrent.

Madame, voulant faire payer l’on ne sait quel prix à Monsieur, l’accabla, indiquant à demi- mot qu’elle avait été séquestrée et qu’elle vivait dans des conditions déplorables, sans chauffage, sans eau dans un logement
insalubre…alors que la vérité apparaissait criarde, un simple état de lieux du domicile démontra que ce dernier avait tout le confort nécessaire et même plus. Cela démontra les premières affabulations de Madame. Cette dernière, voyant que cela ne fonctionnait pas, décida de ne plus présenter les enfants au père, fournissant des certificats médiaux souvent établis le dimanche soir, jour où le père devait exercer sa résidence. Puis, cette dernière changea de stratégie, indiquant par un dépôt de plainte que le père avait exercé la plus ignoble des choses sur les enfants du couple… Une garde à vue, pour mon client, s’en est suivie qui dura un peu plus de 4 heures. A la sortie de celle-ci, mon client étant sans contrôle judiciaire, et disposait toujours du droit de visite et
d’hébergement sur ses enfants.
La procédure Mélanie révélait que les faits reprochés à Monsieur n’ont jamais été effectués, et n’existaient que dans l’esprit de vengeance de Madame. La mère décida d’interjeter appel de la première décision, et là, une grande surprise par l’arrêt rendu. Cet arrêt précise que comme l’enquête était toujours en cours, les droits de visite et d’hébergement au profit du père doivent être suspendus…
Je pense sincèrement qu’il est malheureusement trop simple, et ce en s’arguant au visa de la prévention du risque encouru, de suspendre les droits de visite et d’hébergement du père surtout lorsque le dossier pénal ne
comporte aucun élément démontrant les graves accusations. Il est bien évident que si jamais j’avais eu le moindre doute sur mon client, il aurait été impensable et inenvisageable que je continue à assurer sa défense, comme malheureusement cela m’est arrivé dans un cas passé.
Humainement, imaginez l’état d’anxiété de mon client et les « qu’en dira-t-on » auxquels il doit faire face dans son entourage…

En effet, son épouse a été un fabuleux relai en grossissant les informations en les grossissant. Lorsque l’on est un père accusé de la plus ignoble des choses, et que l’on voit ses droits de visite et d’hébergement suspendus, alors même que le dossier pénal, qui ne comporte aucun élément probant, est toujours en cours, il faut afin de supporter tout cela, être bien entouré et solide moralement. Aujourd’hui j’ai face à moi un homme dont la vérité et l’honneur lui ont été restitués par un classement sans suite des accusations portées contre lui, mais démoli
moralement. Le chemin, à mon sens, de la reconstruction est encore long. De cet homme je ne peux qu’être admiratif de sa dignité et de son courage.
Un jugement, un arrêt peut changer le cours d’une vie d’un Homme innocent.